Christian Vanneste : défavorable à l’ouverture d’un centre de migrants à Bailleul

Suite aux diverses réactions sur la création d’un camp de « migrants»  à Bailleul, Novopress Flandre a demandé au député UMP Christian Vanneste son point de vue sur les « migrants»  :

Novopress Flandre : Que pensez-vous de lutte contre l’immigration clandestine du gouvernement ?

Christian Vanneste : Cela va dans la bonne direction, mais les résultats sont encore insuffisants. Membre de la mission d’information parlementaire sur les Centres de rétention, j’ai eu l’occasion l’année dernière de visiter plusieurs de ces centres. On peut dresser un tableau globalement satisfaisant de la manière dont sont traités les immigrés en situation irrégulière et qui peuvent être retenus jusqu’à 32 jours dans notre pays avant qu’une décision d’expulsion ou d’élargissement ne soit prise. D’une part, c’est la durée la plus faible en Europe (celle-ci est illimitée au Royaume-Uni) et d’autre part, l’ensemble des services et des associations qui interviennent avec motivation et compétence est très complet: police, médecine, conseil juridique, aide sociale et matérielle. Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes si tous travaillaient dans le même esprit avec pour but le contrôle, humain et respectueux des droits de l’immigration. Malheureusement, il faut bien avouer que l’insistance de certains d’entre eux à prendre le plus de distance possible avec les objectifs légitimes du Gouvernement est un bien mauvais signe. Or, la question des migrations est essentielle pour une société car elle rejoint la problématique de l’existence, de la vie même de cette société, et de son identité. Aussi est-il particulièrement déplacé que certaines critiques aient tenté de la ramener à des préoccupations d’opportunité politique, voire électorale. Assurer un équilibre démographique entre les générations, un accroissement modéré mais permanent de la population exige une certaine politique familiale, aujourd’hui tragiquement insuffisante et quelque fois suicidaire. De même cela exige une politique volontariste en vue de la gestion maîtrisée des migrations, nécessaire mais nécessairement mesurée.

NP Flandre : Comment expliquez-vous que des élus UMP de Flandre se prononcent contre les expulsions des « migrants » comme Jean-Pierre BATAILLE ou Françoise HOSTALIER ?

Christian Vanneste : Un accueil au cas par cas doit être fait, mais il ne faut pas de solution globale, que cela soit en matière d’expulsion ou d’accueil d’ailleurs. Lorsque j’entends Martine Aubry s’exprimer sur la contribution du parti socialiste au débat sur l’identité nationale en appelant à la régularisation massive de toutes les personnes sans-papiers sur le territoire français, je m’étonne. Je pensais -naïvement sans doute- que le PS avait compris le message des Français ; mais après les présidentielles, les législatives et les exemples ratés des pays européens de gauche qui ont appliqué ces régularisations massives, le PS n’a toujours pas compris que les Français n’en voulaient pas.

NP Flandre : Pensez-vous que la création de plusieurs camps de migrants au sein des Flandres soit la bonne solution ?

Christian Vanneste : Non, comme je suis complètement défavorable à l’ouverture d’un nouveau centre de « migrants » à Bailleul : je pense qu’on ne fait que déplacer le problème.

NP Flandre : Cette aide, aux clandestins n’est-il pas un formidable message envers les potentiels immigrés qui hésitent à se lancer dans un périple dangereux pour rejoindre l’Europe ?

Christian Vanneste :J’ai beaucoup critiqué Eric Besson lors de la rentrée parlementaire. Éric Besson a fait coup double. Après avoir désavoué les parlementaires de la majorité en renonçant à l’utilisation des tests ADN pour l’établissement des liens de parenté entre immigrés, il a créé un événement-écran, la fermeture de la “jungle de Calais”. Cette gesticulation se termine par la libération de la plupart des personnes interpellées et ne manquera pas d’être suivie par un retour des immigrés sur les bords de la Manche en vue de passer en Grande-Bretagne. La fermeture de Sangatte a contribué à la jungle. Il faut résoudre au niveau européen ce problème. Par ailleurs, il faut dénoncer l’humanisme facile qui consiste à émettre des signaux d’appel à l’immigration : c’est ainsi qu’on oublie trop souvent que c’est faire courir aux immigrés les risques du voyage, avec notamment les noyades en Méditerranée, et ceux de l’exploitation sans vergogne, avec les passeurs, les logeurs et les employeurs qui tirent profit de la misère et du dénuement.

NP Flandre : Quelles sont les solutions selon vous ne plus subir la présence des « migrants » dans notre région ?

Christian Vanneste :Pour moi, il faut une immigration contractuelle. Je dis contractuelle plutôt que choisie, parce que le choix paraît unilatéral et le contrat plus équilibré. C’est l’accord de deux volontés, d’abord la volonté de l’immigrant, qui doit vouloir aussi les conséquences de ce qu’il veut. Le respect des lois et l’apprentissage de la langue sont indissociables de sa volonté de présence dans le pays.
Ensuite, la volonté d’accueillir pour un pays suppose la capacité d’offrir emploi et logement. Le contrat d’accueil et d’intégration, voté en 2006, illustre parfaitement cet équilibre.
Par ailleurs, une politique renforcée de coopération avec le pays d’origine doit être encouragée. Là encore, c’est le contrat, l’accord de volontés, c’est-à-dire le respect mutuel qui l’emporte. Intégration et co-développement sont les deux aspects de cette politique contractuelle. Lors d’un débat récent avec un représentant de la Cimade, j’avais bien eu du mal à lui faire entendre que la politique d’immigration contractuelle que défend le Gouvernement français, avec le soutien du Conseil Européen, est avant tout équilibrée et juste: elle privilégie l’accueil respectueux des étrangers fondé sur l’offre de travail, de logement et de soin, la lutte contre l’immigration illégale avec la fin des régularisations massives mais elle promeut aussi l’aide au développement et l’asile politique, notamment à l’égard des chrétiens irakiens en ce moment même. Accueillir moins mais accueillir mieux voilà qui résume cette politique qui allie réalisme et humanisme.

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