Stratégie : il faut s’armer pour une action d’envergure, durable, qui tienne compte de la réalité.
Une stratégie, qui prévoit l’établissement d’un contrepouvoir actif et ne soit pas donc esclave d’un antagonisme artificiel, doit promouvoir une action visant les trois niveaux d’articulation du pouvoir.
Il faut investir culturellement et symboliquement les élites ; constituer des structures lobbyistes et, donc, politiques, qui permettent de maintenir ouverts les lieux d’incarnation d’une Idée du monde et de garantir des espaces communs de liberté et de socialité ; réaliser des localisations qui, en sauvegardant des traditions ethniques et culturelles, favorisent la création et l’autonomie, dans une perspective clairement impériale.
Cette stratégie est d’autant plus réalisable que les critères de fond sont solides et clairs ; il faut alors une révolution culturelle, qui doit être suivie d’un programme précis : si certaines actions sont à court terme, d’autres sont à long, voire même à très long terme. Rien ne doit être négligé ou écarté au nom de quelque chose d’autre ; il faut réussir à répondre à chacun des impératifs et en respectant les temps de réalisation.
Ceci présuppose l’acquisition de critères et d’une méthode, ainsi que le dépassement de la personnalité individuelle dans l’impersonnalité et, enfin, l’apprentissage de la joie du don. Se donner est plus important et plus profitable que de récolter ; servir est plus essentiel et gratifiant que de faire le paon entouré de fans.
Extrait des Pensées Corsaires de Gabriele Adinolfi, P281. P282.
Système national : Au fil du temps, la souveraineté nationale se réduit, les institutions perdent de leur valeur et de leur efficacité, l’Etat devient un organe administratif. Autant dire qu’aucune transformation politique ne peut se produire, aussi longtemps que l’on reste dans le cadre de la société de la politique spectacle, et que l’on pense accéder au pouvoir par la voie électorale. Ce n’est pas possible par ce que le pouvoir est maintenant solidement établi en dehors du système électoral.
Une action politique efficace se réduit à alors à la constitution de lobbies, de centres d’influence et de forts ancrages locaux ; cela nous permettrait d’être sur toute la ligne en position de force pour négocier.
Si cette action s’accompagnait d’une grande force d’imagination symbolique et de communication et d’une stratégie de révolution culturelle visant à la formation des élites (de la société, non du ghetto…) des vingt prochaines années, il y aurait encore quelque chose à dire et, surtout, beaucoup à faire.
Extrait des Pensées Corsaires de Gabriele Adinolfi, P285.