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Didier Borotra, la honte et la fierté !

Didier Borotra, la honte et la fierté !
Par Christian Vanneste

Durkheim2L’échange récent entre l’Evêque de Bayonne et le Maire de Biarritz (voir article de Sud-Ouest) est révélateur de l’inversion des valeurs qui se développe dans notre pays autrefois réputé pour son intelligence.

Un défilé déploie publiquement la publicité d’un comportement qui, à l’évidence, appartient à l’ordre du privé et de l’intime. Des hommes déguisés en religieuses tournent en dérision des symboles catholiques, et à travers eux les croyances et le dévouement de celles qui portent cet habit.

L’évêque catholique exprime sa réprobation. Il fait remarquer que la manifestation est une offense à l’Église et à ses fidèles, qu’elle ne serait pas tolérée si elle portait atteinte à d’autres religions, et enfin qu’elle prône des revendications contraires à la moralité. Par ailleurs, l’évêque rappelle qu’au-delà de l’exubérante gay pride, il y a des personnes homosexuelles dont la dignité et la souffrance doivent être reconnues. En somme, l’évêque, qui ne représente jamais que la première religion du monde et celle dont l’histoire est indissociable de celle de notre pays, est parfaitement dans son rôle. Il défend publiquement le point de vue d’une religion qui appartient au moins à notre culture et est théoriquement protégée au sein d’une République laïque, c’est-à-dire neutre et respectueuse.

Le maire aurait du prendre acte des réflexions de l’évêque et lui dire qu’au pays de Voltaire ces désagréments étaient inévitables au nom de la liberté d’expression. Réponse hypocrite, certes, puisqu’elle passe sous silence la curieuse inversion qui se produit entre le caractère public de la sexualité et l’enfermement dans le secteur privé des croyances religieuses (!), alors que même l’athée le plus intransigeant sait depuis Durkheim que les religions sont des faits sociaux et donc à l’évidence publics ! Une religion n’est pas une philosophie. Mais plutôt que de s’en tenir lui aussi à son rôle, le maire produit une réponse pavlovienne consternante, une réponse à la « Ségolène » : il a honte pour l’évêque, qui, selon lui, ignore les lois de la République. Qu’il soit fier de la gay pride organisée dans sa ville lui appartient. Qu’il ait honte des propos de l’évêque, c’est au moins une erreur de sujet et donc de grammaire, c’est surtout l’expression d’une abyssale ignorance des lois de la République. L’évêque s’est exprimé et a défendu publiquement l’Église et ses croyances. Il n’a pas demandé d’interdiction, mais suscité la réflexion. Le maire lui dénie ce droit à l’expression et prétend interdire à l’Église de se préoccuper des manifestations qui ont lieu dans une commune à la vie de laquelle elle participe. Qui n’est pas dans son rôle ? Qui porte atteinte à la liberté d’expression ? Monsieur Borotra donne inconsciemment un bel exemple de la pensée unique : c’est sans doute en raison de la liberté qu’il prétend interdire à l’évêque de s’exprimer.

En tant que catholique, je suis assez fier de la lettre mesurée de l’évêque. En tant que politique, j’ai effectivement honte de la réponse du maire qui témoigne d’une ignorance et d’une complaisance à la mode également coupables.

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