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Interview d’Eric Dillies, candidat Front National aux élections municipales de Lille

Interview d’Eric Dillies, candidat Front National aux élections municipales de Lille

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Novopress : Eric Dillies bonjour. Avant de commencer l’ITW, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Eric Dillies : Je suis né à Deûlémont le 25 février 1966. J’ai fait mes études primaire et secondaire à Saint-Pierre à Lille, puis mes études supérieures à la Catho et à la Fac de droit. Père de deux enfants, je suis actuellement gérant et j’enseigne les mathématiques dans une école hors-contrat.

Ancien secrétaire départemental du FNJ, j’ai commencé à militer en 1986. Passionné d’histoire grecque et romaine, mais surtout d’économie et de philosophie, j’ai poursuivi mon cheminement à la fois spirituel et politique auprès d’amis et de professeurs à qui je dois beaucoup.

Contacté dans le courant du mois de décembre 2007, et après mûres réflexions, j’ai accepté la difficile tâche de reprendre la Fédération Nord Flandre du Front National et de conduire une liste aux municipales à Lille en 2008.

Novopress : Vous êtes une « nouvelle tête » dans la vie municipale lilloise. Comment pensez-vous pouvoir vous imposer en tant qu’acteur politique reconnu ?

Eric Dillies : Cela passe entre autres par les médias, comme le vôtre mais aussi la presse, la radio et éventuellement la télévision. Mais cela dépend peu de moi. Ce qui dépend de moi, c’est le message que je vais porter dans cette campagne très courte. En effet, j’ai démarré le 9 janvier pour constituer ma liste et trouver des candidats dans les cantons de ma fédération. Je suis assez fier d’avoir réussi là où beaucoup pensaient que j’échouerai. Il y a, vous n’en doutez pas beaucoup d’état d’âme depuis 2007, mais ce n’est pas au moment de l’adversité qu’il faut renoncer. Les défaites font partie de la vie et les hommes véritables se reconnaissent à leur faculté à les surmonter. Quant à tous ceux qui désertent, ils démontrent par là même que le Front National avait eu tort de placer leur confiance en eux.

Pour revenir au slogan de ma campagne, il est clair : « Pour changer d’air, changer de maire ». Je veux rendre aux Lillois leur dignité, leur redonner la liberté, ouvrir les fenêtres de cette ville et changer d’air. Chassez les vents mauvais, la mauvaise foi, le mensonge, l’égoïsme, le sectarisme, redonner un horizon aux Lillois.

Changer d’air, c’est se battre contre la fatalité, contre le sentiment que rien ne peut bouger, que la politique est inutile, que tout est perdu.
Si rien n’est fait, le Janus monstrueux qui déferle sur l’occident sous la forme de la mondialisation et de l’immigration n’épargnera personne, il balayera tout sur son passage et touchera toutes les couches sociales, sans exception.

Le système capitaliste actuel est arrivé à son stade ultime. Il a découvert dans les pays dits « émergeants » un réservoir immense de main-d’œuvre à bas coûts qui génère des profits prodigieux. Dans un monde sans frontières et sans Etats, notre classe politique, qu’elle soit de droite ou de gauche, s’est faite non seulement complice de ce démantèlement, mais de plus, se propose d’accélérer et d’accroître le mouvement de l’immigration. Le rapport Attali, le conseiller d’ouverture du président Sarkozy, en témoigne. Afin de rendre la France compétitive dans la mondialisation, il propose d’ouvrir les vannes de l’immigration en faisant venir 23 millions d’étrangers d’ici 2025 afin de réduire les salaires français au plus bas. Mon idéal, ce n’est pas des fringues fabriquées par des esclaves là-bas et porter par des chômeurs ici.

En ce moment crucial, les hommes et les femmes de notre pays, jeunes ou vieux, riches ou pauvres doivent se rassembler, s’aider et s’unir pour combattre ensemble. En un mot, faire front.

Novopress : Quel bilan tirez-vous du mandat de Martine Aubry ?

Eric Dillies : Le bilan de Martine Aubry s’inscrit dans la continuité politique de son prédécesseur Pierre Mauroy, premier ministre calamiteux de François Mitterrand. Ministre des 35 heures, elle a organisé de manière méthodique la perte de compétitivité de nos entreprises et le « b… » intégral dans les services publics.

Ce qui choque immédiatement quand on fait le tour de Lille, c’est l’état de ségrégation territoriale de cette ville. Il y a deux Lille, celui des beaux quartiers, autour du centre, du vieux-Lille et de Vauban bénéficiant des mansuétudes et des largesses de la Mairie, et celui d’est en ouest regroupant Lille-Fives, Moulins, Wazemmes, Lille-sud et Bois Blancs. Là, les quartiers sont abandonnés à eux-mêmes, à l’insécurité et à la misère. Le chômage oscille entre 30 et 40 %. D’ailleurs Lille, malgré sa position de capitale régionale souffre d’un taux de chômage de près de 4 points supérieurs à la moyenne nationale. Et sachant le peu de pertinence de ces indicateurs, on peut aisément doubler le taux de chômage officiel dans cette ville.

Il est d’ailleurs remarquable que Lille, comme notre département, souffre du même sous-développement économique que la Wallonie voisine. Elles ont en commun d’être dirigées depuis 50 ans par les socialistes. Si on compare avec la Flandre, on ne peut être que subjugué. Celle-ci connaît en effet un développement économique sans pareil depuis 20 ans, ce qui la place d’ailleurs dans les zones économiques les plus dynamiques d’Europe. Le taux de chômage en Flandre est en dessous de 5 %.

Cet exemple à nos portes montre qu’il n’y a pas de fatalité. La situation économique de notre ville s’explique par une trop forte fiscalité, l’une des plus forte de France, le poids de l’immigration, le manque d’ambition véritablement utile pour notre ville et l’absence de visibilité à l’international. A part les cérémonies de Lille 2004, Lille n’a toujours pas réussi a émergé entre les trois capitales qui l’entourent : Paris, Londres, Bruxelles. Et malgré les flux commerciaux, économiques et humains que ce « triangle d’or » génère, Lille ne semble pas pouvoir en profiter.

Novopress : Que pensez-vous des zones franches ?

Eric Dillies : Le passage des quartiers sud de Lille en zones franches est sans effet réel. Il y manque la condition sine qua non du développement économique : la sécurité. L’absence de vision commune entre la police municipale sans véritables droits et la police nationale sans véritable volonté explique l’état d’abandon de ces quartiers. Mais comme l’avouent les policiers eux-mêmes, intervenir au risque d’engendrer des émeutes et finalement être lâché par la hiérarchie, cela n’en vaut pas la peine. De surcroît, les prisons sont pleines et les juges hésitent à y envoyer les délinquants. Le sentiment d’impunité se développe et le désespoir grandit dans la population des gens honnêtes qui ont le sentiment d’être abandonné à leur sort.

L’autre trait de la politique de Mme Aubry est le sectarisme et le clientélisme politique. L’emprise de la ville sous la férule de Mme Aubry passe par les associations nombreuses et souvent inféodées, en contrepartie de financement. La moindre association qui ne montre pas « patte blanche » est simplement ignorée, voire rejetée. L’obsession antinationale de Mme Le Maire se manifeste quotidiennement dans le soutien sans failles aux sans-papiers, accueillis à bras ouverts par les services sociaux de la Mairie. Priorité d’embauche, priorité de logement, la mansuétude de la mairie est à sens unique. Les Lillois ont le sentiment d’être chaque jour un peu plus étrangers chez eux, un peu plus exclus et d’être les derniers sur la liste.

Novopress : Un petit mot sur le problème de la circulation en ville

Eric Dillies : La circulation dans Lille est un autre échec de Mme Aubry. En 6 ans, elle a rendu la circulation automobile impossible. Alors qu’avant, il fallait 5 minutes pour remonter le boulevard de la Liberté, il en faut 25 aujourd’hui. C’est la même chose pour la rue Nationale, la rue Solférino et j’en passe, quant à celui qui a imaginé la nouvelle rue Faidherbe, on reste sans voix.

Le corollaire de cette obsession anti-automobiliste est le manque de stationnements, les bouchons et l’augmentation de la pollution. Il en découle pour le petit commerce lillois une perte de chiffre d’affaires au profit des grandes enseignes et de la grande distribution, installée en périphérie. Qui parle stationnement, parle PV et là, par contre, le bilan est excellent : la Mairie améliore ses objectifs d’années en années.

Novopress : Pensez-vous que la municipalité défende suffisamment nos racines et notre patrimoine culturel ?

Eric Dillies : Les évènements liés aux cérémonies 2004 où pendant un an Lille s’est voulu capitale européenne de la culture, sont significatifs. Ce fut avant tout la promotion des cultures étrangères, du métissage, de l’inversion des valeurs que symbolisait cette forêt renversée sur la Grand Place de Lille et les gadgets pseudo-futuristes aussi inutiles que laids. Bref, l’art de gauche désincarné et faisant table rase du passé. Notre patrimoine a été le grand absent de cette manifestation. Connaître notre identité, notre patrimoine, linguistique compris, en être fier et l’affirmer, c’est la condition en 2008 pour ne pas être submergés par la mondialisation anglo-saxonne. Parce que le monde est instable et dangereux et que l’avenir est incertain, nous devons savoir d’où nous venons et qui nous sommes, pour deviner là où nous irons. J’ai d’ailleurs intitulé ma liste : « Nos racines à la conquête de l’avenir ». Qui se souvient que la Flandre a été la capitale économique de l’Europe du Nord depuis le Moyen-Âge jusqu’au jour où les socialistes en ont pris possession. Qu’au XIVème siècle, tous les petits flamands savaient lire et écrire, que la peinture à l’huile a été inventé ici et que les Ducs de Bourgogne en avait fait leur capitale. Le Palais Rihour était leur demeure jusqu’à l’incendie qui le détruisit lors de la 1ère guerre mondiale. Jamais personne n’a songé à le reconstruire depuis lors. Et pourtant, Lille se verrait orner d’un de ses plus beaux joyaux et renouerait avec son histoire. Si j’étais élu, cela serait le grand chantier culturel de mon mandat.

Novopress : Quelles sont les grandes lignes de votre programme pour la ville de Lille ?

Eric Dillies : Les 20 grandes mesures de mon programme sont les suivantes :

1) Lutter contre l’insécurité
2) Revoir les critères d’attribution des logements sociaux
3) Supprimer les aides aux sans-papiers
4) Redonner la priorité d’accès à l’emploi et au logement aux Français ou aux ressortissants de l’Union européenne
5) Devenir une ville pilote dans les métiers du 4ème âge
6) Revoir le plan de circulation de la ville, afin de fluidifier le trafic et augmenter les places de stationnement
7) Rendre la 1ère heure de stationnement gratuite
8) Rendre la ville attractive fiscalement
9) Procéder à un audit des dépenses municipales
10) Donner à Lille une visibilité à l’international en créant un centre universitaire du type MIT consacré à l’innovation, la recherche et les énergies nouvelles
11) Transformer la police de stationnement en police d’îlotage dans les quartiers difficiles.
12) Baisser de 20 % d’ici à 2 ans le prix de l’eau, ainsi que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.
13) Développer de nouvelles lignes de Métro pour améliorer l’interconnexion de Lille avec la Métropole.
14) Créer un grand centre de recherche universitaire sur les médecines alternatives et sur la prévention de la santé en partenariat avec les laboratoires privés.
15) Approvisionner les cantines scolaires en produits biologiques afin de développer cette filière écologique.
16) Supprimer toutes allocations municipales aux familles dont les enfants se livrent à la délinquance.
17) Rendre aux professions la gestion des écoles professionnelles et la formation.
18) Créer un port de tourisme fluvial au cœur du vieux-lille, pour renouer avec son passé prestigieux et bénéficier du fort développement du tourisme fluvial de la Belgique et de la Hollande.
19) Reconstruire le Palais Rihour des Ducs de Bourgogne.
20) Créer un système d’échange créditeur fondé sur une nouvelle monnaie mutuelle : « le Lillois ». Cette monnaie associative sera distribuée en fonction des besoins et des services mutuels afin de permettre à tous ceux qui sont exclus du circuit économique et monétaire de retrouver leur dignité et leur liberté par le travail.

Novopress : Que diriez-vous aux électeurs traditionnels du Front National qui se sont portés vers le vote Sarkozy aux dernières présidentielles pour qu’ils mettent un bulletin « Eric Dillies » dans l’urne le 9 mars prochain ?

Eric Dillies : Nicolas Sarkozy a été élu sur un coup tactique. Il a fait campagne sur les thèmes du Front National, sachant que depuis 2002, les idées de Le Pen avaient progressé dans les esprits. La manipulation autour du « vote utile » a fait le reste.

Mais n’est pas Le Pen qui veut. Sarkozy a répété comme un perroquet savant et le hold-up électoral a fonctionné. Maintenant au pouvoir, Sarkozy fait tout et n’importe quoi. Plus précisément, il fait le contraire de ce qu’il avait promis. En bref, de Le Pen, il a repris la lettre mais pas l’esprit. Mais il faut plus que d’être un manipulateur de foule. Il faut comme Le Pen avoir connu l’adversité, le rejet et l’exclusion. Avoir souffert pour les Français et pour ses idées. C’est le témoignage du Front National et de Jean-Marie Le Pen. Ce sont là des preuves de confiance.

Les dernières élections présidentielles auront été l’occasion du grand dévoilement. Les journalistes nous ont expliqué pendant 30 ans que le programme du Front National était le mal absolu. Comme par miracle en 2007, quand Sarkozy a repris le discours de Le Pen, aucun journaliste ne s’est plaint que la démocratie était menacée. Sarkozy vous trompe et son effondrement dans les sondages démontrent que les Français en ont pris conscience. Sarkozy ne gouverne pas pour tous les Français mais pour tous les siens.

Défendre les idées nationales et les Français d’abord demande de la détermination, de la volonté et du courage. Il n’y a pas de place pour l’opportunisme dans notre combat et c’est pour cela que le peuple nous fait de plus en plus confiance, surtout dans les milieux populaires trahis par la gauche et qui se rendent compte que celle-ci les a abandonné au chômage, à la précarité et à l’insécurité. Voter pour Eric Dillies, voter pour le Front National, c’est plus que voter utile, c’est voter vital.

Novopress : un dernier mot pour nos lecteurs.

Eric Dillies : Il faut en finir avec le sectarisme et le clientélisme de cette municipalité. Il faut libérer Lille du socialisme. Il est temps que les rapports entre la Mairie et les Lillois soient fondés sur la justice. C’est là le sens de mon combat. Il faut ouvrir les barreaux de cette prison, chasser la grisaille et la mauvaise foi, en un mot changer d’air.

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