L’enquête n’est pas encore terminée au collège Sévigné de Roubaix, après les violences survenues ces derniers jours. Deux élèves et un ancien élève exclu pour port d’arme prohibé ont été mis en examen vendredi pour « fabrication et détention d’engins explosifs » et « violences avec arme ». Remis à leur famille vendredi soir, mais placés sous la tutelle de la protection judiciaire de la jeunesse, les trois mineurs, âgés de 12 et 16 ans, risquent cinq ans d’emprisonnement.
L’un des deux élèves interpellés en cours, le plus âgé, a été entendu comme témoin assisté. Philippe Lemaire, le procureur de la République de Lille, avait requis la mise en examen des trois mineurs vendredi matin, après leur interpellation mercredi et jeudi. « Il y a une place pour l’éducation et une place pour l’action de la justice. On a voulu faire passer un message fort : il n’y a pas de sanctuaire dans la République », expliquait-il. Au même moment, l’établissement était paralysé par une opération « collège mort » – seuls une vingtaine de collégiens se sont présentés aux cours, une quarantaine d’élèves s’étaient postés devant l’établissement « par solidarité avec ceux qui ont été arrêtés » et pour dénoncer l’intervention des policiers en plein cours, mercredi. Parmi eux se trouvait la mère de l’un des deux mineurs interpellés et menottés en classe : « S’il a fait quelque chose de mal, c’est tant pis pour lui et les policiers ont fait leur travail. Mais la directrice n’avait pas à les laisser menotter mon fils en classe. »
La principale de l’établissement, qui n’a pas souhaité s’exprimer, a par ailleurs participé à une entrevue entre le rectorat et la direction du collège, vendredi après-midi. « La réunion a été positive et constructive. Les cours reprendront lundi », a indiqué le rectorat. Enfin, à la suite de plaintes pour outrages déposées par des enseignants, quatre autres élèves ont été interpellés jeudi, le mot d’ordre de la principale étant de « ne plus rien laisser passer ». Fanny Bertrand
source : 20 Minutes